Le shiatsu face aux troubles gynécologiques

Les troubles gynécologiques affectent quotidiennement des millions de femmes à travers le monde, entraînant des douleurs chroniques, des déséquilibres hormonaux et une altération significative de la qualité de vie. Face à ces défis, le shiatsu, cette discipline thérapeutique d’origine japonaise fondée sur les principes de la médecine traditionnelle chinoise, s’impose comme une approche complémentaire particulièrement prometteuse. Cette pratique manuelle, reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1997, repose sur des pressions digitales exercées le long des méridiens énergétiques pour rétablir l’équilibre naturel du corps. Pour les femmes souffrant de dysménorrhée, d’endométriose, de syndrome prémenstruel ou d’autres pathologies gynécologiques, cette technique offre une alternative douce et holistique aux traitements conventionnels, en s’attaquant non seulement aux symptômes mais également aux déséquilibres énergétiques profonds qui les provoquent.

Les fondements thérapeutiques du shiatsu appliqués au système reproducteur féminin

Le shiatsu s’appuie sur une compréhension millénaire du corps humain comme système énergétique interconnecté. Selon la médecine traditionnelle chinoise, toute pathologie gynécologique résulte d’un déséquilibre dans la circulation de l’énergie vitale, appelée Qi, au sein des méridiens qui traversent le bassin et les organes reproducteurs. Cette vision holistique considère que les troubles menstruels, les douleurs pelviennes ou les déséquilibres hormonaux ne sont jamais isolés, mais toujours le reflet d’un dysfonctionnement énergétique plus global impliquant plusieurs systèmes organiques.

La physiologie féminine, particulièrement complexe de la puberté à la ménopause, est dominée par les fluctuations cycliques du Sang et du Qi. Chaque phase du cycle menstruel correspond à un mouvement énergétique spécifique : accumulation, montée, apogée et descente. Lorsque cette dynamique naturelle est perturbée par le stress, une alimentation inadaptée, des émotions refoulées ou des facteurs pathogènes externes, des blocages se forment, entraînant douleurs, irrégularités et symptômes variés. Le praticien de shiatsu identifie précisément ces zones de stagnation et de vide énergétique pour y remédier par des techniques appropriées.

Les méridiens du foie et de la rate dans la régulation hormonale

Le méridien du Foie joue un rôle central dans la santé gynécologique. En médecine traditionnelle chinoise, le Foie est responsable du stockage du Sang et de la régulation de sa distribution dans tout l’organisme, particulièrement vers l’utérus. Une stagnation de Qi du Foie, souvent provoquée par le stress chronique, les frustrations ou la colère refoulée, empêche la libre circulation du Sang dans le petit bassin. Cette stagnation se manifeste cliniquement par des douleurs prémenstruelles, des tensions mammaires, des caillots sanguins pendant les règles et une irritabilité marquée. Le traitement shiatsu cible spécifiquement ce méridien pour libérer les blocages et restaurer une circulation harmonieuse.

Le méridien de la Rate-Pancréas, quant à lui, gouverne la transformation et le transport des nutriments, ainsi que la production du Sang. Une déficience de la Rate, fréquemment causée par une alimentation déséquilibrée, des soucis excessifs ou un surmenage intellectuel, entraîne une production insuffisante de Sang de qualité. Cela se traduit par des règles peu abondantes, une fat

abigue accompagnée d’une fatigue générale, de vertiges, d’une sensation de jambes lourdes ou encore d’une tendance aux hémorragies (règles trop abondantes, spotting prolongé). En shiatsu, renforcer la Rate permet non seulement de stabiliser le cycle menstruel, mais aussi de soutenir l’ensemble du système hormonal en offrant au corps un « terrain » plus solide sur lequel chaque phase du cycle peut se dérouler harmonieusement.

Le concept de qi et de sang en médecine traditionnelle chinoise gynécologique

En médecine traditionnelle chinoise, le Qi et le Sang constituent les deux piliers de la santé gynécologique. Le Qi est l’énergie qui anime et fait circuler le Sang, tandis que le Sang nourrit, humidifie et ancre l’esprit. Dans la sphère gynécologique, un Qi trop faible ne parvient plus à maintenir le Sang dans les vaisseaux, ce qui peut se traduire par des règles abondantes, des saignements prolongés ou des cycles raccourcis. À l’inverse, un vide de Sang se manifeste par des cycles espacés, des règles très claires et peu abondantes, une sécheresse vaginale ou des troubles de la fertilité.

Les troubles gynécologiques les plus fréquents résultent souvent d’une combinaison de stagnation de Qi et de vide de Sang. Par exemple, une femme peut présenter des douleurs menstruelles intenses (stagnation de Qi et de Sang dans le bassin) tout en souffrant de fatigue chronique et de vertiges (vide de Sang). Le shiatsu agit alors comme un « régulateur », en dispersant les zones de trop-plein et en tonifiant les zones de vide. Par un toucher précis et adapté, le praticien soutient la production de Sang, améliore sa qualité et favorise sa bonne circulation vers l’utérus, condition essentielle pour réduire les douleurs et stabiliser le cycle menstruel.

Les points d’acupression spécifiques : rate 6, estomac 36 et conception 4

Certains points d’acupression occupent une place centrale dans le travail shiatsu sur les troubles gynécologiques. Le point Rate 6 (Rte 6 – Sanyinjiao), situé au-dessus de la malléole interne, est l’un des plus utilisés. Il est surnommé le « point des trois Yin » car il réunit les méridiens de la Rate, du Foie et du Rein, intimement liés au cycle menstruel, à la fertilité et à la grossesse. Travailler ce point permet de soulager les crampes menstruelles, de réguler la durée et l’abondance des règles, mais aussi de soutenir l’utérus en cas de fausses couches à répétition ou de difficultés à concevoir.

Le point Estomac 36 (E 36 – Zusanli), quant à lui, est un grand tonifiant général. Il renforce le Qi et le Sang, soutient la digestion et améliore la vitalité globale. Chez les femmes souffrant de fatigue après les règles, de baisse d’immunité ou de troubles digestifs associés à leur cycle, sa stimulation en shiatsu apporte souvent une nette amélioration. Enfin, le point Conception 4 (VC 4 – Guanyuan), situé sur le méridien Conception sous le nombril, est un véritable « réservoir énergétique » du petit bassin. Il tonifie les Reins, nourrit le Sang de l’utérus et harmonise la fonction reproductive. Utilisé avec précaution selon les phases du cycle ou de la grossesse, il participe à la régulation hormonale et à la diminution des douleurs pelviennes chroniques.

La théorie du Yin-Yang et son application aux cycles menstruels

La théorie du Yin et du Yang offre une clé de lecture particulièrement pertinente pour comprendre les cycles menstruels. Le Yin est associé au Sang, à la fraîcheur, à la profondeur et à la phase de repos, tandis que le Yang correspond à la chaleur, au mouvement, à l’action et à l’élévation. Le cycle menstruel peut être perçu comme une danse continue entre ces deux polarités : les règles représentent une phase de Yin profond, de vidange et de retour à l’intérieur, alors que l’ovulation incarne un pic de Yang, de chaleur et d’ouverture vers l’extérieur. Entre ces deux pôles, l’énergie oscille et se transforme, un peu comme un paysage qui passe de l’hiver à l’été.

Lorsque le Yin est insuffisant (manque de Sang, sécheresse, insomnies, bouffées de chaleur), la femme peut présenter des cycles courts, des règles peu abondantes et des symptômes de type bouffées de chaleur ou irritabilité, notamment à la préménopause. À l’inverse, un excès relatif de Yin ou un Yang trop faible favorisera les stagnations, la sensation de froid dans le bas-ventre, les règles douloureuses avec caillots ou encore l’endométriose. Le shiatsu vise alors à rééquilibrer ce couple Yin-Yang : renforcer le Yin lorsque le corps « brûle » ses ressources, soutenir le Yang lorsqu’il peine à mettre en mouvement le Sang et le Qi. En apprenant à reconnaître ces différentes phases en vous, vous pouvez aussi adapter votre rythme de vie et vos activités, au lieu de lutter contre votre cycle.

Protocoles shiatsu pour la dysménorrhée et les douleurs pelviennes chroniques

La dysménorrhée (règles douloureuses) et les douleurs pelviennes chroniques comptent parmi les motifs de consultation les plus fréquents en shiatsu gynécologique. Qu’elles soient liées à un syndrome prémenstruel, à une endométriose, à un SOPK ou à des tensions musculaires profondes, ces douleurs ont presque toujours en commun une stagnation de Qi et de Sang dans le petit bassin. Le travail du praticien va donc consister à remettre en circulation ce qui est bloqué, tout en apaisant le système nerveux pour diminuer la perception douloureuse. Dans la pratique, cela se traduit par une combinaison de pressions ciblées, d’étirements doux, de mobilisations articulaires et de techniques de respiration guidée.

Vous vous demandez en combien de séances les douleurs peuvent diminuer ? Les observations cliniques montrent souvent une amélioration notable après 3 à 5 cycles consécutifs de traitement régulier, en particulier lorsque les séances de shiatsu sont associées à des ajustements de rythme de vie, d’alimentation et de gestion du stress. L’objectif n’est pas seulement de « couper » la douleur ponctuellement, mais de transformer en profondeur la dynamique énergétique du bassin pour réduire la fréquence, l’intensité et la durée des crises douloureuses.

Traitement des stagnations de qi par pressions sur le méridien du foie

Dans la dysménorrhée, la stagnation de Qi du Foie est presque toujours présente. Elle se manifeste par des douleurs qui augmentent juste avant les règles, un sentiment de gonflement du bas-ventre, des sautes d’humeur, une irritabilité et parfois des tensions mammaires importantes. En shiatsu, le travail sur le méridien du Foie devient alors un axe prioritaire. Le praticien suit le trajet de ce méridien depuis le pied, en remontant la face interne de la jambe, le pubis, l’abdomen et le thorax, en appliquant des pressions rythmées et progressives. L’objectif est de « déplier » progressivement les nœuds énergétiques et de permettre au Qi de s’écouler à nouveau.

Concrètement, ce travail s’accompagne souvent d’une sensation de chaleur, de détente profonde ou de lourdeur agréable dans les membres. Certaines femmes décrivent cette expérience comme si l’on « ouvrait une fenêtre » à l’intérieur du bassin, permettant à la pression de s’échapper. Le shiatsu ne se limite pas à une action mécanique ; en libérant la stagnation du Qi du Foie, il soutient également une meilleure régulation émotionnelle. Les patientes constatent souvent, au fil des séances, une moindre irritabilité et une capacité accrue à exprimer leurs émotions avant qu’elles ne se cristallisent en douleurs.

Techniques de dispersion pour les crampes utérines primaires

Les crampes utérines primaires, souvent présentes dès les premières règles, sont liées à des contractions excessives de l’utérus et à une mauvaise circulation locale du Sang. En shiatsu, on utilise alors principalement des techniques dites de dispersion. Celles-ci consistent en des pressions plus rapides, des mobilisations légères et des balancements qui visent à « briser » la stagnation et à faire circuler la chaleur accumulée. Le praticien travaille notamment sur le bas du dos (zones lombaires et sacrées), les hanches et l’abdomen inférieur, tout en respectant la sensibilité de la patiente, surtout au début des règles où le ventre peut être très douloureux.

Vous avez peut-être déjà remarqué que la chaleur (bouillotte, bain chaud) soulage vos crampes ? Le shiatsu agit de façon comparable mais de l’intérieur, en stimulant la microcirculation, en détendant les fibres musculaires utérines et en activant le système nerveux parasympathique, celui de la détente et de la récupération. Ces techniques de dispersion peuvent être complétées par des exercices d’auto-shiatsu que la femme réalise à la maison sur les zones lombaires, les jambes et les pieds, afin de prolonger les effets entre les séances et de se sentir actrice de son mieux-être.

Manipulation du point sanyinjiao contre les spasmes menstruels

Le point Sanyinjiao (Rte 6) est particulièrement précieux pour lutter contre les spasmes menstruels. Par sa connexion aux trois méridiens Yin de la jambe (Rate, Foie, Rein), il agit comme un carrefour énergétique en lien direct avec l’utérus. En situation de dysménorrhée, le praticien applique sur ce point des pressions progressives, parfois en rotation, parfois en pompage rythmique, selon que l’objectif est de disperser la douleur aiguë ou de tonifier sur le long terme. Ce point peut également être utilisé en auto-shiatsu, avec prudence, en application bilatérale quelques jours avant les règles pour préparer le bassin.

À l’image d’un « variateur » de lumière qui permet d’ajuster l’intensité, Sanyinjiao aide à moduler le mouvement du Qi et du Sang dans le bas-ventre. Il est intéressant de noter que ce point est aussi utilisé pour certains troubles de la fertilité, les irrégularités du cycle ou les troubles de la ménopause, ce qui montre bien son lien étroit avec l’équilibre hormonal global. En séance, il est souvent travaillé en combinaison avec des points du méridien du Rein et du Foie afin d’avoir une action complète sur la sphère gynécologique et émotionnelle.

Approche palpatoire du ventre selon la méthode ampuku

L’Ampuku est une approche spécifique de palpation et de traitement du ventre utilisée en shiatsu. Elle considère l’abdomen comme le « centre émotionnel » et énergétique du corps, particulièrement chez la femme. Dans les douleurs pelviennes chroniques, l’Ampuku permet de cartographier les zones de tension, de froid, de congestion ou de vide autour de l’utérus, des ovaires et des intestins. Par des pressions douces, des mouvements circulaires et des mobilisations en profondeur, le praticien aide les tissus à se relâcher, favorisant ainsi une meilleure circulation sanguine, lymphatique et énergétique dans toute la région pelvienne.

Cette approche est souvent vécue comme une véritable redécouverte de son ventre, parfois après des années de crispations, d’opérations, de césariennes ou de douleurs ignorées. L’Ampuku offre aussi un espace symbolique pour « déposer » les mémoires émotionnelles liées à la sphère intime, qui peuvent entretenir les tensions locales. Associée à une respiration lente et consciente, cette méthode renforce le sentiment d’ancrage et de sécurité intérieure, deux éléments clés pour diminuer l’hypervigilance du système nerveux et donc la perception de la douleur.

Shiatsu et syndrome prémenstruel : régulation neurohormonale par digitopression

Le syndrome prémenstruel (SPM) associe symptômes physiques (tensions mammaires, migraines, rétention d’eau) et manifestations émotionnelles (irritabilité, anxiété, tristesse) qui surviennent dans la phase lutéale du cycle. De nombreuses femmes ont l’impression de « changer de personnalité » tous les mois, parfois au point d’impacter leur vie professionnelle et sociale. Le shiatsu propose une régulation en douceur de cet état en agissant sur l’axe neurohormonal, notamment via la stimulation de points reliés au Foie, au Rein et à la Rate. En rééquilibrant la circulation du Qi et du Sang dans ces méridiens, il devient possible de diminuer l’intensité des symptômes et de rendre cette phase du cycle plus prévisible et plus supportable.

Des études récentes menées en France, notamment autour du protocole développé par Fanny Roque avec l’Université de Bordeaux, ont montré l’impact positif du shiatsu sur la fréquence et la sévérité des symptômes du SPM. Cela confirme ce que les praticiens observent depuis longtemps sur le terrain : en travaillant régulièrement sur le cycle, on peut réellement changer la manière dont le corps et le système nerveux vivent cette période sensible. Vous pouvez alors passer d’un vécu subi à une meilleure compréhension de vos fluctuations, avec des outils concrets pour les accompagner.

Stimulation du point foie 3 pour les tensions mammaires cycliques

Les tensions mammaires cycliques sont l’un des marqueurs les plus typiques du SPM. Elles sont souvent le reflet d’une stagnation de Qi du Foie, associé en médecine chinoise à la libre circulation de l’énergie dans tout le corps et plus particulièrement dans la région thoracique. Le point Foie 3 (F 3 – Taichong), situé sur le dessus du pied, est un point majeur pour libérer ces stagnations. En séance de shiatsu, il est stimulé par des pressions régulières et profondes, parfois combiné à des étirements des chaînes musculaires antérieures et latérales pour « ouvrir » la poitrine et soulager les seins.

Vous pouvez également apprendre à masser Foie 3 chez vous, avec l’accompagnement de votre praticien, pour calmer les tensions mammaires dès leur apparition. En agissant sur ce point, on observe souvent une diminution concomitante des maux de tête, de l’irritabilité et de la sensation de « trop-plein » émotionnel qui précèdent les règles. C’est un peu comme si l’on desserrait un étau interne, permettant aux émotions et au Sang de retrouver un mouvement plus fluide.

Harmonisation de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien par le méridien du rein

L’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien régit la production des hormones féminines clés (œstrogènes, progestérone, LH, FSH) et orchestre l’ensemble du cycle. En médecine traditionnelle chinoise, cette régulation est étroitement reliée au méridien du Rein, considéré comme la « batterie » hormonale de l’organisme. Un Rein affaibli se manifeste par une fatigue profonde, des cycles irréguliers, une baisse de libido, des troubles du sommeil ou encore des symptômes anxieux plus marqués en phase prémenstruelle. En shiatsu, tonifier ce méridien revient à soutenir l’axe hormonal central et à donner plus de stabilité à chaque phase du cycle.

Le travail se fait principalement le long du trajet du Rein sur la face interne des jambes, au niveau des lombaires et sur certains points spécifiques de l’abdomen. Par analogie, on pourrait dire que l’on « recharge » progressivement la batterie centrale, afin qu’elle puisse gérer sans surchauffe les variations hormonales mensuelles. Sur le plan neurophysiologique, la détente profonde induite par le shiatsu favorise également une meilleure régulation du système nerveux autonome, ce qui a un impact direct sur la perception des douleurs, la qualité du sommeil et l’équilibre émotionnel dans le SPM et le TDPM.

Protocole anti-rétention hydrique via les points de la rate

La rétention d’eau est un symptôme fréquent du SPM : jambes lourdes, gonflements des mains, sensation de pesanteur généralisée. En médecine chinoise, ces signes sont souvent reliés à une faiblesse de la Rate et à une accumulation d’Humidité dans les tissus. Le shiatsu travaille alors les points du méridien de la Rate et parfois de la Vessie pour favoriser le drainage des liquides. En stimulant la Rate, on améliore la transformation et le transport des fluides, tandis que le travail sur la Vessie soutient leur élimination par les voies urinaires.

Concrètement, le praticien combine des pressions sur les méridiens internes des jambes avec des mobilisations douces des chevilles et des genoux, ainsi que des techniques de pompage sur le bas-ventre. Cette approche peut être rapprochée d’un drainage manuel global, mais vu sous l’angle énergétique. En complément, des conseils simples – limiter les excès de sel et de sucres raffinés, favoriser des aliments tièdes et digestes, maintenir une activité physique douce – viennent renforcer l’action du shiatsu pour diminuer la rétention hydrique prémenstruelle et la sensation de gonflement.

Accompagnement shiatsu des troubles de la fertilité et de l’endométriose

Les troubles de la fertilité et l’endométriose touchent un nombre croissant de femmes et ont un impact colossal sur la qualité de vie, l’estime de soi et la vie de couple. Sans prétendre se substituer aux prises en charge médicales indispensables (bilan de fertilité, traitements hormonaux, chirurgie, protocoles de PMA), le shiatsu s’impose comme un allié précieux. Il aide à optimiser le terrain, à réguler le cycle, à diminuer les douleurs et à mieux supporter les traitements parfois lourds. Son approche globale tient compte à la fois du corps, des émotions et de la dimension psychique, souvent éprouvée dans ces parcours au long cours.

Dans le cas des troubles de la fertilité, le shiatsu vise à harmoniser les phases du cycle, à renforcer le Qi et le Sang de l’utérus et à tonifier les Reins, en lien avec l’énergie reproductive. Pour l’endométriose, il se concentre davantage sur la dispersion des stagnations de Sang, la gestion de la douleur et la réduction de l’inflammation locale. Dans les deux cas, le suivi régulier sur plusieurs mois permet d’accompagner la femme dans un processus de réappropriation de son corps, souvent mis à rude épreuve par les contraintes médicales et émotionnelles.

Optimisation de la phase lutéale par tonification du yang rénal

La phase lutéale, qui suit l’ovulation, est cruciale pour l’implantation éventuelle de l’embryon. Elle doit être suffisamment longue (idéalement 12 à 14 jours) et portée par un taux adéquat de progestérone. En médecine chinoise, cette phase est associée au Yang, à la chaleur qui « couve » et nourrit. Lorsque le Yang rénal est insuffisant, on observe souvent des phases lutéales courtes, des saignements prématurés, des sensations de froid dans le bas-ventre et les lombaires, et parfois des fausses couches précoces. Le shiatsu intervient alors pour tonifier ce Yang, en travaillant particulièrement sur les points des Reins, du Du Mai (vaisseau Gouverneur) et des lombaires.

Par des pressions profondes, des frictions légères et un travail de réchauffement de la zone lombaire et pelvienne, le praticien aide à créer un environnement plus chaud et plus contenu pour l’utérus. On pourrait comparer cette action à celle d’une couveuse qui maintient une température stable et protectrice. Associé à des habitudes de vie simples (éviter l’exposition au froid sur le bas-ventre, privilégier les boissons tièdes, modérer les efforts physiques excessifs en fin de cycle), ce travail énergétique contribue à optimiser la phase lutéale et à soutenir les projets de grossesse naturelle ou médicalement assistée.

Drainage lymphatique abdominal selon les techniques masunaga

Dans les protocoles liés à la fertilité et à l’endométriose, le drainage lymphatique abdominal inspiré des techniques de Masunaga occupe une place importante. Cette approche, propre à l’école de shiatsu de Masunaga, met l’accent sur le travail en profondeur des méridiens étendus sur l’abdomen. Par des appuis glissés, des pressions successives et des mobilisations douces, le praticien favorise la circulation des liquides, la détoxification tissulaire et la libération des adhérences superficielles. Cela peut être particulièrement intéressant après des opérations chirurgicales (coelioscopie, césarienne) ou en cas de ballonnements chroniques associés à l’endométriose.

Ce drainage se vit souvent comme un massage interne très enveloppant, qui aide à « faire de la place » dans le ventre. En améliorant la circulation lymphatique et sanguine, il peut contribuer à diminuer les inflammations locales et à rendre les tissus plus souples et plus réceptifs. Là encore, l’objectif n’est pas de guérir l’endométriose ou de résoudre à lui seul un problème de fertilité, mais de créer les meilleures conditions possibles pour que les traitements médicaux et les capacités naturelles du corps puissent s’exprimer pleinement.

Points anti-inflammatoires pour les lésions endométriosiques

L’endométriose se caractérise par la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine, entraînant douleurs chroniques, adhérences et réactions inflammatoires répétées. En shiatsu, on utilise un ensemble de points reconnus pour leur action anti-inflammatoire et antalgique, notamment sur les méridiens du Foie, de la Rate, de la Vésicule Biliaire et du Gros Intestin. Ces points sont travaillés en dispersion, avec des pressions soutenues mais adaptées au seuil de tolérance de la patiente, afin de diminuer la sensation de brûlure, de lourdeur ou de tiraillement dans le bassin.

En complément, de nombreuses praticiennes associent à leur séance de shiatsu des techniques comme la moxibustion (stimulation par la chaleur de certains points) ou des conseils en hygiène de vie (alimentation anti-inflammatoire, gestion du stress, activité physique douce). Le but est de réduire le « terrain inflammatoire » général, ce qui peut, au fil du temps, atténuer la fréquence et l’intensité des crises douloureuses. Pour beaucoup de femmes, cette approche globale est vécue comme un soutien précieux, qui redonne une marge de manœuvre là où la douleur semblait dicter tout le quotidien.

Protocole de préparation à la fécondation in vitro

Les parcours de fécondation in vitro (FIV) sont physiquement et émotionnellement éprouvants. Le shiatsu peut intervenir en amont et pendant ces protocoles pour soutenir le corps face aux stimulations hormonales, diminuer les effets secondaires (fatigue, ballonnements, douleurs pelviennes, variations d’humeur) et favoriser un meilleur vécu global. En phase de stimulation ovarienne, le praticien cherchera à harmoniser le Foie et la Rate, à protéger les Reins et à soutenir la digestion, souvent mise à rude épreuve. Juste avant la ponction et le transfert, l’accent sera mis sur l’apaisement du système nerveux, la détente profonde et l’ancrage.

De manière concrète, un protocole de préparation à la FIV pourra comprendre une séance toutes les une à deux semaines sur plusieurs cycles, en adaptant l’intensité et les zones de travail selon le calendrier médical. Le shiatsu ne prétend pas augmenter mathématiquement les taux de réussite, mais il permet souvent aux femmes (et aux couples) de vivre ce parcours avec davantage de sérénité, de présence à soi et de confort physique. Se sentir accompagnée, entendue et actrice de son corps peut faire une grande différence dans un processus où beaucoup d’éléments échappent au contrôle.

Applications périnatales : grossesse, post-partum et ménopause

Le shiatsu accompagne également les grandes étapes du féminin que sont la grossesse, le post-partum et la ménopause. À chaque période correspondent des besoins spécifiques : soulager les nausées et les douleurs lombaires pendant la grossesse, soutenir la récupération physique et émotionnelle après l’accouchement, ou encore atténuer les bouffées de chaleur et les troubles du sommeil à la ménopause. Parce qu’il se pratique habillé, sans recours à des médicaments et avec des pressions adaptées à la sensibilité de chacune, le shiatsu s’intègre facilement comme soin de confort et de soutien sur le long terme.

De plus en plus de sages-femmes, de doulas et de thérapeutes périnatales s’y intéressent comme complément à leur pratique. Là encore, il ne remplace pas le suivi médical, mais vient créer un espace de détente profonde où le corps peut se réguler, se réparer et se réorganiser à son rythme. Vous pouvez ainsi traverser ces périodes de transition non pas comme des « crises » à subir, mais comme des passages accompagnés, soutenus et incarnés.

Prévention des nausées gravidiques par le point péricarde 6

Les nausées de début de grossesse, souvent présentes au premier trimestre, sont l’un des motifs de consultation les plus fréquents en shiatsu périnatal. Le point Péricarde 6 (PC 6 – Neiguan), situé à l’intérieur de l’avant-bras, est particulièrement réputé pour atténuer les nausées et les vomissements, qu’ils soient liés à la grossesse, au mal des transports ou à certains traitements médicaux. En séance, le praticien le stimule par des pressions régulières, parfois associées à une respiration guidée, afin d’apaiser la zone épigastrique et de calmer le « remontée » du Qi de l’Estomac.

Ce point peut également être travaillé en auto-shiatsu entre les séances. Certaines femmes utilisent même des bracelets de pression placés sur PC 6, sur recommandation de leur praticien, pour soulager les nausées dans les transports ou au réveil. En complément, le shiatsu harmonise le méridien de l’Estomac et de la Rate, souvent fragilisés en début de grossesse, ce qui contribue à réduire la fatigue digestive, les ballonnements et la sensation de lourdeur après les repas.

Techniques de retournement fœtal et stimulation du point vessie 67

Lorsque le fœtus se présente en siège en fin de grossesse, certaines équipes de sages-femmes et d’obstétricien·nes recommandent le recours à des techniques complémentaires, dont le shiatsu et la moxibustion, pour favoriser un retournement spontané. Le point Vessie 67 (V 67 – Zhiyin), situé à l’angle externe du petit orteil, est traditionnellement utilisé à cet effet. En shiatsu, il peut être stimulé par des pressions légères ou accompagné de moxibustion (chaleur douce) réalisée par un professionnel formé, dans un cadre sécurisé et avec l’accord de l’équipe médicale.

Les techniques de retournement fœtal en shiatsu ne consistent pas à manipuler directement le bébé, mais à détendre le bassin, à harmoniser les méridiens de la Vessie et du Rein et à créer les conditions énergétiques favorables à un mouvement spontané. Bien qu’aucune garantie ne puisse être donnée quant au résultat, de nombreux retours cliniques rapportent des retournements dans les jours ou semaines suivant l’initiation du protocole. L’accompagnement se fait toujours en lien avec le suivi obstétrical, afin de respecter les indications et contre-indications médicales.

Restauration du plancher pelvien en période post-natale

Après l’accouchement, le corps a besoin de temps et de soutien pour retrouver ses repères. Le plancher pelvien, en particulier, a été mis à rude épreuve pendant la grossesse et lors de la naissance. En complément de la rééducation périnéale effectuée avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, le shiatsu peut aider à relâcher les tensions résiduelles, à améliorer la circulation dans le bassin et à favoriser une meilleure perception de cette zone. Par un travail doux sur les lombaires, le sacrum, les hanches et l’abdomen, le praticien accompagne la femme dans la réintégration de son centre, souvent mis au second plan par la fatigue et les exigences du post-partum.

Cette restauration du plancher pelvien ne concerne pas seulement la sphère physique ; elle touche aussi à l’identité, à la sexualité et à la confiance en soi après la naissance. Le shiatsu, en offrant un temps de pause et d’écoute du corps, aide à apprivoiser ce nouveau territoire, parfois marqué par des cicatrices, des douleurs ou des appréhensions. Il peut également soutenir la régulation hormonale post-partum, en travaillant sur les méridiens du Rein, de la Rate et du Foie, ce qui contribue à atténuer les variations d’humeur et la fatigue profonde caractéristiques de cette période.

Atténuation des bouffées de chaleur par rééquilibrage énergétique

À la ménopause, les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les troubles du sommeil et les sautes d’humeur sont souvent liés, en médecine chinoise, à un vide de Yin du Rein avec montée de chaleur vide. Le shiatsu vise alors à nourrir le Yin, à ancrer l’énergie descendante et à calmer le Cœur, afin de réduire la fréquence et l’intensité de ces manifestations. Le travail porte notamment sur les méridiens du Rein, du Foie, du Cœur et sur certains points du vaisseau Conception, en privilégiant des pressions enveloppantes, lentes et profondes.

Par analogie, on pourrait dire que le shiatsu aide à « remettre de l’eau dans le réservoir » pour tempérer le feu qui monte brusquement à la surface. En complément, des conseils d’hygiène de vie (gestion du stress, alimentation plus fraîche et hydratante, activités de relaxation) viennent renforcer ce rééquilibrage. Beaucoup de femmes témoignent, après quelques séances, d’un sommeil plus stable, d’une meilleure tolérance aux variations de température et d’un apaisement global de leur état émotionnel, ce qui transforme profondément leur vécu de la ménopause.

Contre-indications et adaptations cliniques du shiatsu gynécologique

Comme toute pratique corporelle, le shiatsu gynécologique nécessite des précautions et des adaptations. Bien qu’il soit globalement doux et sûr, certaines situations demandent l’avis préalable d’un médecin ou imposent de modifier les techniques utilisées. Les contre-indications relatives concernent notamment les états infectieux aigus, les fièvres importantes, certaines pathologies cardiovasculaires, les thromboses veineuses profondes, les lésions cutanées ou les plaies récentes sur les zones de travail. En cas de grossesse à risque, de menace d’accouchement prématuré, de saignements inexpliqués ou de douleurs pelviennes aiguës, un avis médical est indispensable avant d’envisager une séance.

Un praticien formé en shiatsu gynécologique sait également adapter la pression et éviter certains points dits « abortifs » pendant la grossesse, comme Rate 6 ou Gros Intestin 4, sauf protocole spécifique mené en fin de terme avec l’accord du corps médical. Dans l’endométriose très aiguë, les douleurs peuvent imposer de travailler d’abord à distance (pieds, mains, dos) avant de s’approcher progressivement de l’abdomen. En post-opératoire (coelioscopie, césarienne, chirurgie pelvienne), le shiatsu ne doit pas être réalisé sur la cicatrice tant que la cicatrisation n’est pas suffisante et que l’équipe médicale ne l’a pas validé.

Enfin, il est essentiel de rappeler que le shiatsu ne remplace jamais un suivi médical ni les examens gynécologiques nécessaires. Il s’inscrit dans une logique de complémentarité, aux côtés de la médecine conventionnelle, de la kinésithérapie, de la psychothérapie ou d’autres approches de soutien. En choisissant un praticien ou une praticienne formé·e, référencé·e dans une fédération reconnue et respectant une déontologie claire, vous vous offrez un espace sécurisé pour explorer les ressources de votre corps et mieux vivre vos troubles gynécologiques, quelle que soit leur nature.

Plan du site